Conflit entre associés : 4 solutions efficaces pour éviter le tribunal

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Le 18 décembre 2025
Conflit entre associés : 4 solutions efficaces pour éviter le tribunal
4 solutions efficaces pour résoudre un conflit entre associés sans tribunal. Médiation, arbitrage... Économisez temps et argent

Saviez-vous que plus de 50% des projets entrepreneuriaux se terminent par un conflit entre associés ? Cette réalité alarmante constitue la première cause d'échec des créations d'entreprise en France. Lorsque la mésentente s'installe, l'entreprise risque la paralysie complète et peut même faire face à une dissolution judiciaire imposée. Face à ces situations critiques, Maître Josias FRANÇOIS, avocat expérimenté à Paris 8, accompagne régulièrement des entrepreneurs en conflit pour trouver des solutions amiables et préserver leur activité.

  • Ce qu'il faut retenir :
  • La médiation conventionnelle affiche un taux de réussite supérieur à 70% avec un coût de 250€ HT/heure (contre 10 449€ en moyenne pour une procédure judiciaire)
  • Une mise en demeure par courrier recommandé avec accusé de réception est obligatoire avant toute procédure contentieuse pour préserver vos droits
  • Votre assurance protection juridique peut prendre en charge les frais de résolution amiable du conflit (vérifiez votre contrat dès maintenant)
  • Depuis le 1er septembre 2025, le juge peut imposer une médiation sous peine d'amende jusqu'à 10 000€

La médiation conventionnelle : une solution privilégiée pour résoudre les conflits entre associés

Avec un taux de réussite supérieur à 70% selon le Centre de Médiation et d'Arbitrage de Paris (CMAP), la médiation conventionnelle s'impose comme la solution de référence. Cette méthode alternative présente des avantages considérables face aux procédures judiciaires classiques qui s'étalent sur 500 à 1500 jours (contre une durée maximale de 90 jours pour la médiation, avec possibilité de prolongation exceptionnelle uniquement en cas de litige complexe).

Le processus de médiation suit un parcours structuré en quatre étapes distinctes. D'abord, chaque associé expose sa vision des faits devant un médiateur neutre. Ensuite, ce professionnel recherche les intérêts profonds de chaque partie, parfois lors d'entretiens individuels confidentiels. Le médiateur propose alors différentes pistes de solutions adaptées. Enfin, si un accord émerge, les parties signent un protocole d'accord ayant force exécutoire.

La rapidité constitue un atout majeur : 10 à 15 heures suffisent généralement pour parvenir à une résolution. Cette efficacité s'accompagne d'une confidentialité totale des échanges et d'une suspension automatique des délais de prescription. Financièrement, l'investissement reste raisonnable avec un coût moyen de 2 497 euros (les tarifs détaillés s'établissent à 250€ HT par heure pour la médiation conventionnelle d'entreprise et 180€ TTC pour le premier entretien selon les barèmes moyens pratiqués), contre 10 449 euros pour une procédure judiciaire classique.

À noter : Depuis le 1er septembre 2025, une nouvelle obligation légale renforce le recours aux solutions amiables : le juge peut désormais imposer aux parties de rencontrer un médiateur sous peine d'amende pouvant atteindre 10 000€. Cette évolution législative témoigne de la volonté des pouvoirs publics de privilégier la médiation comme mode de résolution des conflits entre associés.

L'arbitrage : une justice privée pour trancher rapidement les conflits entre associés

L'arbitrage offre une alternative intéressante lorsque les associés souhaitent obtenir une décision définitive sans passer par les tribunaux étatiques. Cette procédure présente l'avantage d'être accélérée automatiquement pour les litiges inférieurs à 2 millions de dollars, selon les règles de la Chambre de Commerce Internationale.

Le choix d'un arbitre unique réduit les coûts de 66% par rapport à un collège de trois arbitres. Pour illustrer concrètement, selon le barème de l'Association Française d'Arbitrage, un litige inférieur à 50 000 euros génère des frais d'administration de 1 500 euros et des honoraires plafonnés à 6 000 euros (sachant que les frais du tribunal arbitral ne représentent que 10 à 15% du coût total, les 85 à 90% restants correspondant aux honoraires d'avocats, expertises et témoignages). Cette prévisibilité budgétaire rassure les entrepreneurs en conflit.

La sentence arbitrale présente un caractère définitif particulièrement appréciable. Contrairement aux jugements classiques, aucun appel n'est possible, ce qui garantit une résolution rapide et définitive du différend. Cette caractéristique évite l'enlisement dans des procédures à rallonge et permet aux associés de tourner rapidement la page.

Exemple pratique : Une SARL de conseil en informatique de 8 associés basée à La Défense a fait face à un conflit sur la répartition des bénéfices entre deux groupes d'associés. Plutôt que de s'engager dans une procédure judiciaire estimée à 18 mois minimum, ils ont opté pour un arbitrage avec arbitre unique. Le litige portant sur 150 000€ a été tranché en 4 mois pour un coût total de 18 000€ (incluant 2 500€ de frais administratifs et 15 500€ d'honoraires d'arbitre et d'avocats). La sentence définitive a permis à l'entreprise de reprendre son développement sans l'incertitude d'un appel possible.

La procédure participative : négocier efficacement avec l'aide d'avocats 

Cette solution innovante permet aux associés en conflit de négocier dans un cadre structuré, avec l'assistance obligatoire d'un avocat pour chaque partie. La convention de procédure participative suspend les délais de prescription et offre un environnement sécurisé pour rechercher un accord (cette procédure peut d'ailleurs être conclue à tout moment de l'instance, que ce soit en première instance ou en appel, offrant ainsi une flexibilité maximale aux parties en conflit).

Les avantages pratiques sont multiples :

  • Méthodologie de travail définie conjointement par les parties
  • Calendrier d'échange des pièces fixé à l'avance
  • Possibilité d'homologation judiciaire de l'accord avec force exécutoire
  • Dispense automatique des préliminaires de conciliation devant le juge

Depuis 2019, cette procédure est même obligatoire pour les demandes inférieures à 5 000 euros, sauf exceptions légales. Cette obligation témoigne de la volonté des pouvoirs publics de favoriser les solutions amiables pour désengorger les tribunaux tout en offrant aux justiciables des résolutions plus rapides et moins conflictuelles.

Le mandat ad hoc : l'intervention d'un tiers neutre pour débloquer les situations complexes

Lorsque le blocage entre associés menace la survie de l'entreprise sans pour autant entraîner une cessation de paiements, le mandat ad hoc représente une mesure de prévention efficace. Cette procédure confidentielle permet de désigner un professionnel neutre pour faciliter le dialogue et proposer des solutions.

Le président du tribunal de commerce nomme le mandataire sur requête motivée. Ce dernier peut être un administrateur judiciaire, un magistrat honoraire ou un expert économique et financier reconnu (le choix du profil dépend de la complexité du dossier et des besoins spécifiques de l'entreprise). Sa mission consiste à évaluer la situation, proposer des solutions de restructuration et accompagner les parties vers un accord.

La rémunération du mandataire reste généralement inférieure aux coûts des procédures formelles, car elle fait l'objet d'un accord entre le tribunal et l'entreprise. Cette flexibilité tarifaire permet d'adapter l'intervention à la complexité du dossier et aux capacités financières de la société.

Conseil pratique : Pour accéder à ces plateformes de résolution amiable des conflits, plusieurs solutions dématérialisées MARD (Modes Alternatifs de Règlement des Différends) sont disponibles : notreaccord.com, fast-arbitre.com, imel-mediation.fr, justeo.fr et waysmediation.com. Ces plateformes proposent des solutions généralement moins coûteuses que les procédures traditionnelles et permettent de gérer le conflit à distance, ce qui peut s'avérer particulièrement utile lorsque les tensions entre associés rendent les rencontres physiques difficiles.

Comment choisir la meilleure solution pour votre conflit d'associés ?

Le choix entre ces quatre solutions dépend de plusieurs critères essentiels. La nature du conflit guide d'abord la décision : un désaccord sur la stratégie commerciale se prête bien à la médiation, tandis qu'un litige sur l'interprétation des statuts peut nécessiter l'arbitrage. L'urgence de la situation influence également le choix : le mandat ad hoc convient aux situations critiques menaçant la pérennité de l'entreprise.

Les coûts varient significativement selon la solution retenue. La médiation génère des frais de 1 600 à 2 000 euros par jour, permettant une économie moyenne de 7 500 euros comparée à une procédure judiciaire. L'arbitrage avec arbitre unique plafonne à 20 000 euros pour les litiges inférieurs à 250 000 euros. La procédure participative offre des coûts maîtrisés grâce au calendrier convenu. Le mandat ad hoc présente la flexibilité tarifaire la plus importante.

Important : Avant d'engager toute procédure, il est impératif de mettre en demeure l'associé en conflit par courrier recommandé avec accusé de réception. Cette étape préalable obligatoire permet de préserver les relations et d'éviter l'escalade conflictuelle tout en sécurisant juridiquement votre démarche. Par ailleurs, pensez à contacter votre assureur pour vérifier si votre garantie "protection juridique" peut prendre en charge les coûts de résolution du conflit, ce qui peut réduire significativement les frais à votre charge.

Pour éviter d'en arriver à ces situations conflictuelles, l'anticipation reste la meilleure stratégie. Prévoir une clause de médiation obligatoire dans les statuts ou le pacte d'associés constitue une sage précaution (il est également essentiel d'insérer des clauses de retrait, de rachat forcé ou d'exclusion pour anticiper les conflits et éviter les blocages futurs). Cette clause impose aux associés de tenter une résolution amiable avant toute saisine judiciaire, favorisant ainsi le dialogue et la préservation des relations professionnelles.

Face à un conflit entre associés, Maître Josias FRANÇOIS vous accompagne dans le choix et la mise en œuvre de la solution la plus adaptée à votre situation. Fort de son expertise en droit des sociétés et résolution des conflits d'associés, ce cabinet parisien du 8ème arrondissement privilégie toujours l'approche amiable pour préserver vos intérêts commerciaux et humains. N'attendez pas que la situation se dégrade irrémédiablement : une consultation précoce permet souvent d'éviter l'escalade conflictuelle et de trouver des solutions constructives pour l'avenir de votre entreprise.